Dissimulée par un bosquet d’épineux, une maisonnette était aux aguets. Recroquevillée sur elle-même tel un hérisson, elle protégeait quelques hortensias et tournesols. Petit igloo de pierres, elle arborait une toiture d’un rouge terne. Je me demandais si c’était la demeure du vieil homme mentionné par le jardinier la veille. Lorsque je me détournai de la maisonnette, l’inconnu avait disparu. Mon père entra dans la cuisine.
« C’était la maire, annonça-t-il avant de
se rasseoir. »
En effet, ce n’était pas tous les jours que
des citadins prenaient des vacances à Mirmande. Après la visite du
maire, nous vîmes défiler toute la journée devant la propriété des
paysans allant aux champs. Il était évident qu’ils
réalisaient un détour par simple curiosité. Cela énerva ma mère
déjà nerveuse à l’idée de la campagne environnante. Elle
finit par s’enfermer dans la salle de bain, un masque et des
concombres sur les yeux. Mon père passa sa journée au téléphone se
plaignant continuellement de la mauvaise couverture Wifi. Au dîner,
attablés devant une assiette de salade, la décision tomba.
« Ecoute Emmeline, commença le doyen de la
famille. Ta mère et moi avons beaucoup réfléchi. Il est
indiscutable que l’air de la campagne te donne un meilleur
teint et retourner chez nous serait une mauvaise idée dans un
premier temps. En ce qui me concerne, je dois rentrer au plus tôt
pour peaufiner les derniers détails de la campagne pour la mairie.
Je pensais pouvoir te laisser avec Aline or, elle ne supporte pas
le climat et a insisté pour m’accompagner. Tu dois nous dire
si tu es prête à vivre ici quelques jours, seule. Nous pensons que
tu es assez grande et ta mère passera te voir tous les week-ends.
»










