Tic tac, un cil. Tic, un œil. Tac, puis l’autre. Tic tac.
L’horloge égrène les secondes à un rythme implacable. Un éternuement vient troubler le silence. Je repousse la couverture piquée et observe cet étrange environnement. Les rayons de soleil filtrent, dorés, à travers les rideaux. Des meubles s’entassent, paresseux et vieillis, à l’abri de la lumière. Une épaisse pellicule grisâtre les recouvre : la poussière, second éternuement. Au fond de la chambre, une bibliothèque menace de s’écrouler sous le poids des livres ou des ans. Dénudés de beauté, ils m’apparaissent comme des clandestins sans espoir d’une vie meilleur.
Passé l’émerveillement du réveil, je tente de me lever. Mon corps ne répond pas et l’angoisse noue, à présent, ma gorge. Violemment, les souvenirs de ma chute reviennent et me bouleversent. Les larmes coulent et l’oreiller est trempé. Cela fait si longtemps que je n’ai pas pleuré… Le masque est tombé, ma carapace s’est brisée dans la cascade.
Lentement, j’entreprends de
remuer chaque membre. Mes premiers mouvements sont douloureux mais
après un temps interminable et une patience infinie, je
bouge. 