« Viens… Suis-moi. »

Le murmure d’un ruisseau, le
chante d’un oiseau, la susurration du vent, la mélodie de la
nature, la voix du vieil homme. Le brouillard se dissipe laissant
place à un soleil aveuglant et un ciel de craie. Telle une musique,
la voix reprend, harmonieuse et entrainante. L’eau semble
l’avoir polie, elle souffle au creux de mon oreille,
infatigable. Elle m’attire à travers des champs de tournesols
abandonnés. L’herbe asséchée craque sous mes pas, les fleurs
à grandes pétales jaunes se plient sur mon passage. La chaleur
m’accable et la voix se tait. A l’ombre des arbres, la
lumière est toujours éclatante. La moindre goutte d’eau se
transforme en étoile. Je cherche mon guide dans ce décor plus
merveilleux que réel lorsque la végétation s’agite dans
l’air alourdi. Une agréable fraicheur s’installe tandis
qu’une forme se détache. Fine comme un tronc de bouleau,
l’écorce lisse et immaculée, la chevelure feuillue, les yeux
noisettes et nacrés, la muse s »’avance avec grâce. Elle ne
fait qu’un avec la nature, une harmonie extraordinaire les
unie. Elle s’approche, me caresse le visage avec une
bienveillance infinie. Je la laisse faire, fascinée par sa
puissance tranquille. Puis, doucement, ça a coulé en moi comme de
l’eau claire, purifiant mon esprit de toute haine.

Soudain, Mère Nature s’évapora
dans une pluie d’étoiles et je sombre vers mes cauchemars. La
voix murmure dans un dernier souffle : 