Le soleil s’était retiré laissant place à
la lune. L’obscurité tentait de recouvrir la ville de son
manteau noir malgré les éclairages orangés suspendus entre la voûte
céleste et les trottoirs. Le quartier chic sommeillait bercé par le
doux souffle des chiens de garde. Les arbres taillés strictement
frémissaient emprisonnés par leur forme géométrique. Cependant, la
nuit régnait en souveraine incontestée. La végétation respirait et
le monde animal revivait tandis que les hommes se reposaient.
C’était le moment que je préférais, où j’étais encore
un peu moi-même. Seule, accoudée à la fenêtre ouverte sur une
obscurité croissante, à se délecter de la fraîcheur
nocturne.
Le calme fut rompu par des voix provenant de la pièce attenante : la chambre de mes parents. Je m’approchai en silence. Ayant collé mon oreille au papier peint, je pus suivre leur conversation :
« Il faut de rendre à l’évidence Aline !
- Oui, mais, enfin… Tu es sûre que… la campagne ?...
- Nous n’avons pas le choix : elle, toi, moi. Cela fait quatre ans que ça dure et elle a déjà failli nous quitter. Tu veux la voir mourir ?! »
Un silence suivit, interminable. J’imaginais ma mère blanche comme une poupée de porcelaine pensant à ses comprimés antidépresseurs.







