Comme à l’ordinaire, Hélène était assise sur un banc du parc,
celui qui avait été repeint récemment. Elle regardait la vie
défilée sous ses yeux : les jeunes mères avec leurs bébés dans un
bras et retenant leurs enfant qui l’appelaient « la vieille
madame » de courir à la fontaine, ensuite venaient les groupes
d’adolescents, des garçons apostrophant des filles pouffant,
puis les jeunes couples se tenant timidement par la main et
s’embrassant prestement derrière un bosquet, et pour finir,
des vieillards ayant fêté leurs noces d’or. Elle méprisait
particulièrement ces derniers, toujours à se plaindre de
l’autre, mais encore avec, de peur de se retrouver seul.
Ainsi passait ces journées faites de rien, pourtant elle
n’aurait pu supporter plus. La vieille femme voyait tout,
savait tout : tout le monde va au parc. Elle se moquait de leur
vanité, méprisait leur orgueil et leur petitesse. D’une
certaine manière, elle se vengeait de la destinée.
Ce fut dans ce décor ordinaire que le peintre fit son
entrée. Hélène ne le remarqua pas immédiatement fixant, un sourire
railleur aux lèvres, un homme d’affaire refusant de tenir la
main de sa maîtresse. Lorsqu’elle perdit de vue le couple,
son regard revint à la fontaine et s’accrocha à la silhouette
du jeune homme. Il observait le parc avec la volonté
d’imprimer dans sa mémoire le paysage dans les moindres
détails. La vieille dame reconnut en lui la sensibilité de
l’artiste. A son tour, il détailla la personne courbée sur le
banc. Elle semblait écrasée non par les années, mais par la
tristesse. Une profonde mélancolie se peignait sur son visage.
Cette émotion l’attira et il s’approcha de la vieille
femme avec une allure de messie. Les cheveux blonds, le sourire
éclatant, la démarche souple et aisée tranchaient avec la froideur
de la ville. Intimidée, elle détourna la tête.
« Bonjour madame, Vincent Coviel. Je suis peintre et
j’aimerais réaliser votre portrait. Si cela ne vous intéresse
pas, je n’insisterai pas. »
Elle accepta, il lui proposa un jour de la semaine. Hélène préférait le faire immédiatement de peur de ne jamais venir et, elle le suivit.
tu va devenir ecrivain ?
attend je vais pauser cette question dans l'article prevu à cet effet =)